La culture du coton est l’une où l’utilisation de produits chimiques
et d’eau est la plus intensive. Des quantités gigantesques de pesticides
agrochimiques, d’engrais, de stimulants de croissance
et de défoliants sont utilisées à travers le monde. Les répercutions
sur les cultivateurs, leur famille et l’environnement sont considérables.
Dans les pays du Sud principalement, les risques d’intoxications sont importants.
Bien que seuls 20% des pesticides utilisés dans le monde le sont dans les pays
en voie de développement, près de 75% de l’ensemble des cas d’empoisonnement
y sont recencés. L’usage de ces produits a aussi pour conséquences d’appauvrir
les sols, de contaminer les eaux souterraines et de surface.
La transformation des fibres a elle aussi recours à de nombreux
produits chimiques : blanchiment au chlore, teinture aux métaux lourds
provoquant des allergies et agents de finition dangereux pour la santé.
ne valent pas mieux. Le travail dans
les champs est souvent effectué par des ouvriers saisonniers et par des enfants,
surtout lorsque le coton est cueilli à la main. Les centres de couture, de tissage et
de teinture du monde entier, installés le plus sonvent là où la main d’œuvre
est bon marché et où les travaileurs n’ont quasiment aucun droit, emploient
essentiellement des femmes et de nombreux mineurs à la production
d’articles textiles pour les marchés mondiaux.
Pour un rendement plus élevé, beaucoup d’agriculteurs
n’hésitent pas à utiliser des produits chimiques
hautement toxiques. Les organismes nuisibles s’adaptent
et développent une défense immunitaire voire mutent
comme cela a pu être le cas pour certains insectes
relativement innofensifs et qui sont devenus un véritable
fléau. Malgré ces problèmes de résistance,
un grand nombre de cultivateurs cherche toujours
à résoudre le problème en utilisant d’autre types
de produits chimiques et/ou en augmentant le
nombre d’épandages. Entre 1945 et 1985 le coût
des pesticides a augmenté de 195 fois.
Aujourd’hui les pesticides restent un facteur
coût important dans la culture du coton.
Dans plusieurs pays d’Asie et notemment en Inde, des millions de
familles sont victimes de la servitude pour dettes. Des usuriers
(propriétaires terriens, industriels locaux) avancent de l’argent à
ces familles insolvables, en échange de quoi la famille ou parfois
seulement les enfants deviennent la propriété de l’usurier, une main
d’œuvre asservit et soumise à d’ignobles conditions de travail.
Ces trentes dernières années, les gouvernements des pays en voie de développement, soucieux d’attirer
les multinationales, ont créé des zones franches d’exportation (ZFE). Ces zones attirent les investissements
étrangers entre autres par des régimes fiscaux avantageux et des allègements de droits de douane,
elles sont censées générer des revenus liés aux exportations et créer des emplois. Pour le CISL (confédération indépendante des syndicats libres), l’avantage de ces sites réside surtout dans les conditions d’exploitation des salariés. En effet, le coût peu élevé et la flexibilité de la main-d’œuvre comptent parmi les principaux facteurs qui incitent les firmes étrangères à investir dans les ZFE. Localement la demande d’emploi est telle que les salariés n’ont pas le choix.
Selon un recensement de l’organisation internationale du travail (OIT), il existe plus de 3000 ZFE dans le monde qui emploient 42 millions de personnes dont les deux tiers en Chine, pays le moins exigeant en matière de législation sociale.
Pour plus d’information, consulter le rapport “L’envers des marques” sur le site du CISL.
Les pesticides comprennent de nombreux produits chimiques utilisés en agriculture ou à des fins domestiques : herbicides, fongicides,raticides...Il en existe différentes espèces chimiques. Les pesticides organoclhorés (non biodégradable), les pesticides hydrosolubles (passent dans l’eau et se concentrent dans les végétaux qui eux-mêmes contaminent l’ensemblede la chaîne alimentaire), les pesticides liposolubles (se concentrent dans la graissedes animaux et en boutde chaîne alimentaire dans le tissu adipeux de l’homme,chez les femmes qui allaitent, ils contaminent leur lait etdonc les bébés).Les pesticides sont à l’origine de cancers, de certaines stérilités masculines et malformation congénitales...
Rythme de travail inhumain, harcèlement sexuel,
travail des enfants, condition d’hygiène et
de sécurité déplorable, répression anti-syndicale...
Ces conditions de travail ne font
pas exception et réduisent souvent à la servitude.
Les conditions d’emploi dans l’industrie sont souvent
très dures,les activités exercées exigent une réelle
endurance physique, mais aussi parce que
les employeurs cherchent à tirer de la main d’œuvre
un profit maximal et imposent des conditions
de travail éprouvantes. Les femmes forment
une main d’œuvre bon marché et facilement
exploitable. Peu qualifiées, souvent jeunes elles
dépendent de leur faible salaire et n’ont pas d’autres
alternatives de travail. Les enfants sont également
présents dans l’industrie textile où la qualification
est peu élevée mais où la production est
fondée sur l’intensité de la main d’œuvre.
En se souciant de l’environnement, de la pérennité des sols, des récoltes et des hommes qui en vivent, l’agriculture biologique se distingue par son mode de production fondée sur la non utilisation de produits chimiques de synthèse, le recyclage des matières organiques, l’économie d’eau, la rotation des cultures et la lutte biologique. Enfin pour les textiles, le coton n’est traité ni lors de sa culture, ni lors de sa transformation. Ce qui rend la fibre du coton souple et très douce et dépourvue de toute trace de produits chimiques. Le contrôle est effectué au cours des différentes étapes de la transformation de la matière première à la finition du produit.
Les critères du commerce équitable sont fondés sur de très nombreux principes (moraux et matériels), sur lesquels doivent se baser les producteurs, les acheteurs et consommateurs. Respect des droits fondamentaux des personnes, lutte contre toutes formes de discrimination, d’exploitation. Equité pour tous les travailleurs (justice sociale, rémunération juste...) à chaque étape d’une filière. Privilégier des relations commerciales durables avec les producteurs. Minimiser le nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Etablissement d’un prix stable et élevé (pour ne pas dépendre de l’arbitraire du marché). Préfinancement de la production (pour éviter les usuriers). Fonctionnement participatif et démocratique. Fonds sociaux et actions de développement. Traçabilité des produits ... Pas de charité mais une organisation différente des échanges commerciaux mondiaux.
Pour articles, études et rapports intéressants, vous pouvez consulter :
“Le travail des enfants dans le monde” de B. Manier. ed. La découverte.
“Le coton et les textiles”. dans le momento du C-E 2001. dossier de S. Haffmans.
Presse :
Novethic. articles sur l’économie solidaire et le C-E.
Politis + hors-série sur C-E.
Le Monde diplomatique.